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À Lyon, l’Atelier Soudé fête 10 ans de réparation joyeuse, et ce n’est pas fini

Dix ans qu’on y répare des grille-pain, des aspirateurs et des téléviseurs. Dix ans qu’on y apprend à ne plus avoir peur d’ouvrir une machine. À Lyon, l’Atelier Soudé n’est pas qu’un atelier de réparation : c’est un projet politique, social et résolument joyeux.

« Ce qui nous anime, c’est l’autonomie »

L’Atelier Soudé aurait pu se contenter de réparer à la place des gens. Il a choisi de faire autrement.

« On pourrait réparer à la place des gens, mais ce qui nous anime, c’est que les personnes deviennent autonomes sur leurs objets », explique Camille Bouchinet, salariée de l’association.

Ingénieure en électricité de formation, elle a rejoint l’Atelier Soudé après un service civique, convaincue que la technique ne devrait pas être réservée à quelques-uns. Ici, les ateliers sont des espaces de mixité sociale et générationnelle, où réparer devient aussi un moment de partage et de reconquête de confiance.

« La réparation, c’est aussi un moment joyeux, très intime, où les gens reprennent confiance en eux. »

Dix ans, 3 500 adhérent·es, et une fête

Pour son anniversaire, l’Atelier Soudé a choisi de fusionner ses 10 ans avec les Journées Nationales de la Réparation 2025. Au programme : auto-réparation, sérigraphie à la teinture végétale, cantine low-tech, match de réparation-spectacle retransmis sur Twitch, et concerts. Environ 300 personnes ont répondu présent.

« C’est important de montrer qu’on fait partie d’un mouvement plus large, coordonné à l’échelle nationale », souligne Camille.

Des obstacles, mais une culture qui progresse

L’association fait face à des défis réels : le bonus réparation de la loi AGEC est trop lourd administrativement pour les ateliers d’auto-réparation, et la baisse des subventions publiques a contraint à réduire certaines permanences. Pourtant, les ateliers affichent complet. De plus en plus de personnes viennent réparer : souvent d’abord pour des raisons économiques, et repartent avec quelque chose de plus.

« Réparer, c’est reprendre le contrôle sur son quotidien et sur la technique. »

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